Hier, pour la première fois depuis que je vis ici, on a baisé. Bon, dit comme ça, c'est pas terrible, OK, puis on se demande si je suis vraiment obligé de l'écrire, mais oui. Je suis obligé. Parce que c'est un passage de plus. J'étais paralysé jusqu'à maintenant par Lucas. Ce gamin, j'ai trop peur de faire ou de dire un truc qui va encore plus le fâcher contre moi que j'ose rien. Même pas toucher Caroline. Bon, de toute façon, là où je suis dans son estime, je peux pas aller plus bas. Parce que si je tombe encore plus bas dans son estime, je vais finir par trouver du pétrole.
Donc hier soir, il dormait, mais j'avais tellement peur qu'il se réveille (bon, Caroline fait gaffe aussi), en fait,
on avait pas trop envie qu'il se réveille qu'on a foutu de la musique. On sait jamais, même en faisant gaffe, si on fait un peu de bruit (et ça, je peux vous dire que c'est space comme sensation, devoir se surveiller au lit, le seul endroit où normalement, tu peux vraiment te lâcher). Donc, on a fait gaffe, quand on a finit, on a arrêté la radio, et... Je devrais peut-être pas l'écrire, mais franchement... Ben c'était pas terrible. Je veux dire, t'es obligé de faire gaffe, y'a des zones super sensibles, ben tu peux pas trop les toucher parce qu'il faut pas faire de bruit et tout... Non, je m'y ferais, puis à la limite, si on est du matin tous les deux, on rentre alors que Lucas est encore au bahut, donc c'est bon, mais là, le soir quand il dort dans sa chambre, c'est pas génial. Je suis pas non plus un mec qui croit que la vie c'est comme un film de cul, avec la fille qui hurle à la mort dès que tu lui éffleure un sein. Mais devoir se retenir...
Bon, je sentais que Caroline était pas aussi gênée que moi. A la limite, ça, je m'y attendais, parce que c'est quand même de ma faute si on a attendu si longtemps. Caroline doit avoir l'habitude. Enfin, pas l'habitude, parce que je crois pas qu'elle ait eu beaucoup de mecs (j'aime pas trop en parler, alors je demande pas, et du coup, je m'aperçois qu'en fait, j'en ai aucune idée), mais elle sait comment gérer le truc.
C'était tendre, c'était bien, elle qui était couchée sur le côté, moi derrière elle, on allait doucement, elle serrait de temps en temps, je veux dire, c'était bien, mais c'était pas génial. Des fois, tu te dis que ce que tu viens de vivre, c'était effectivement mieux que tout. Là, c'était bien.
Avec Gwen, c'était souvent génial. Puis au bout d'un moment, tu connais le corps de l'autre (bon, tu le connait pas parfaitement, y'a toujours un petit truc que tu connais pas), tu sais ce qu'il aime et ce qu'il aime pas, et du coup, t'as rarement un moment où la fille te dis « non pas là s'te plait ». Gwen savait ce que j'aimais, où j'aimais qu'elle passe sa main et tout. Avec Caroline, faut qu'on s'apprenne.
Et que j'apprenne à plus faire de fixation sur son fils. A plus m'inquiéter de tout ce que je pourrais faire et qui pourrait l'ennuyer. En fait, faut que j'apprenne à vivre ici.
Tim