Pourquoi ?

Oui, pourquoi cette adresse de blog ? La réponse est ici, c'est le tout  premier post.

Mardi 3 avril 2007
 

Il est 2 h 13, et je suis devant l'ordinateur. Impossible de dormir. Caroline est dans la chambre, elle dort, Lucas dort (alors là, impossible de se planter, il ronfle ce gamin, c'est hallucinant. Parce qu'il est pas gros ni rien, mais il fait un putain de boucant quand il ronfle...) et moi, je suis là, posé devant l'ordi à écrire pour le blog, parce que c'est encore ce que j'ai de mieux à faire.


J'ai peur. Je sais pas de quoi, mais j'ai peur. En fait, bien sûr que si, je sais de quoi. J'ai peur d'une nouvelle vie. J'ai peur de m'être complètement planté. J'ai peur de foncer dans le mur avec Caroline. J'ai peur d'être un raté qui réussira jamais à être vraiment heureux. J'ai peur d'être comme mon père, à briser les autres et à n'être capable de pleurer que sur moi-même. J'ai peur de rien pouvoir construire. J'ai peur de rien savoir construire. J'ai peur d'être intérimaire toute ma vie, de pas réussir le concours qu'on va passer, Caroline et moi. Parce que je sais que ça serait pas un drame de le rater, mais même... Je suis pas un mec très courageux (j'ai d'autres qualités, mais le courage ne peut pas compter dans cette catégorie), et à la limite, je préfèrerais pas passer le concours plutôt que de le rater. J'en ai parlé à Caroline, elle m'a engueulé quand je lui ai dit ça (et oui, déjà notre première dispute, parce que bien sûr, j'ai pas trop trop bien pris son engueulade), bref, pas terrible tout ça.


Dans mon premier appart (enfin, studio, c'était un petit studio), la première nuit que j'ai passé, j'ai pas dormi. C'était horrible. J'étais allongé sur le ventre, je dormais pas, et j'arrêtais pas de me répéter: « j'y arriverai pas, j'y arriverai pas, j'y arriverai pas ». Je sais plus combien de temps ça a duré. Mais j'étais réellement persuadé que j'allais pas arriver à payer mon loyer tous les mois, à tenir le studio à peu près propre (bon, OK, ça, j'ai pas trop trop réussi), que j'allais devoir rentrer chez ma mère (alors que j'étais bien, un peu loin d'elle, pas trop mais un peu)... En fait, un peu comme dans un cauchemar, quand vous voyez qu'il n'y a aucune issue. Bon, en fait, ça s'est pas si mal passé que ça mon premier studio. Il était moche (c'était un truc meublé, mais c'étaient des vieux qui louaient, et du coup, c'était meublé avec des goûts de vieux), minuscule, avec une douche qui avait un rideau en plastique bleu qui se collait tout de suite à votre corps dès qu'il était mouillé), mais j'ai survécu.


Et là, pareil, j'ai peur de pas y arriver. Alors je me répète que je vais pas y arriver. Une pensée magique. Comme si tout ce que je pouvais penser ou dire n'avait aucune chance d'arriver. C'est mon psy qui appelle ça une pensée magique, et dit qu'on utilise ça quand on pense n'avoir aucun contrôle sur sa vie. En fait, quand on a tellement peu confiance en soi qu'on pense que ce qui va se produire, c'est exactement le contraire de ce qu'on pense, dit, ou espère.


Et moi, en plus, j'ai peur d'espérer.


Tim

Par Tim - Publié dans : Des papillons et des hommes
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