Le petit prince
J'ai un sac à dos. Avec des trucs indispensables pour un mec dedans. Bon, y'a mes papiers, un peu de monnaie, une ou deux capotes (j'en ai toujours sur moi, c'est même pas en prévision de tromper Gwenn ou quoi que ce soit, c'est juste que j'en ai toujours sur moi), mes clés, mes clopes, deux briquets (parce que si tu te retrouves avec un paquet de clopes et pas de feu, c'est un peu l'enfer), mon portable, un cahier (pour écrire), un stylo (pour écrire dans le cahier) et un livre. Oui, si j'étais une fille, j'aurais aussi du maquillage, mais tout se trimballerait dans un joyeux bordel, tandis que mon sac à dos est relativement rangé. Et pour le livre, c'est "le petit prince".
J'avais lu ce livre quand j'étais petit. Ca m'avait bien plu, mais sans plus en fait. Et puis il y a quelques mois, Jeanine m'a offert un petit truc, c'était pas épais mais c'était bien emballé dans un joli papier cadeau (c'était pour mon anniversaire); c'était "le petit prince". Franchement, sur le coup, je comprenais pas trop, mais elle m'a expliqué qu'à chaque fois que je le relirai, je comprendrai quelque chose de nouveau dans le livre. Et que les conseils tous simples peuvent aussi s'appliquer à la vie. Et c'est vrai. Je vous jure que ça marche. A chaque fois que je lis ce bouquin, y'a un truc que j'avais pas vu lors des lectures précédentes. Et je peux m'acharner à le lire lentement et tout, à passer chaque phrase au peigne fin, je vous jure que la fois d'après, je découvrirai encore quelque chose.
Gwenn s'est foutue de ma gueule. Elle dont la seule lecture est constituée des mag' que le salon reçoit, elle s'est moquée de moi. Elle m'a proposée de m'offrir "Oui Oui en vacances" pour Noël. Je me suis un peu énervé (c'étaient quelques jours après mon anniversaire, quand elle a vu que je lisais "le petit prince" au lit au lieu de regarder une connerie dans le genre "y'a que la vérité qui compte"), et du coup, je l'ai un peu traité de "pauvre conne". Bon, on s'est réconcilié depuis, mais je ne lis plus "le petit prince" à la maison. J'y ai mis une couverture qui cache le titre (pour pas être emmerdé par les questions), et je le lis quand je suis pas à la maison et que j'ai le temps. Et franchement, c'est fabuleux. Parce que y'a des trucs qui te semblent normaux, puis tu relis, et tu découvres qu'en fait y'a un truc que t'avais pas capté.
Tous les personnages qui peuplent les autres planètes... L'ivrogne, le comptable, le géographe, le roi... Le roi est un personnage extraordinaire. Il n'exige que des choses pour lesquelles il est sûr qu'il sera obéi. Du genre il exige du soleil qu'il se lève à l'heure où le soleil se lève. Ce roi est sur une toute petite planète, il n'a pas de sujet (juste un vieux rat), et propose au petit prince d'être ministre de la justice, et de condamner le rat à mort (mais de le grâcier tout de suite après, pour "l'économiser"...). J'arriverai pas à le formuler ni rien, mais je trouve ce passage énorme. Ce roi minable, mesquin, qui veut être sûr d'être obéi et qui s'adapte, ce roi qui n'a aucun pouvoir mais qui fait comme si, en exigeant que ce dont il est sûr que ça va se produire... Je sais pas s'il faut avoir pitié du roi ou s'il faut le condamner. Aucune idée...
Tout ça pour dire que je lis "le petit prince", et que ceux qui l'ont pas lu peuvent s'y mettre, y'a pleins de choses à découvrir.
J'avais lu ce livre quand j'étais petit. Ca m'avait bien plu, mais sans plus en fait. Et puis il y a quelques mois, Jeanine m'a offert un petit truc, c'était pas épais mais c'était bien emballé dans un joli papier cadeau (c'était pour mon anniversaire); c'était "le petit prince". Franchement, sur le coup, je comprenais pas trop, mais elle m'a expliqué qu'à chaque fois que je le relirai, je comprendrai quelque chose de nouveau dans le livre. Et que les conseils tous simples peuvent aussi s'appliquer à la vie. Et c'est vrai. Je vous jure que ça marche. A chaque fois que je lis ce bouquin, y'a un truc que j'avais pas vu lors des lectures précédentes. Et je peux m'acharner à le lire lentement et tout, à passer chaque phrase au peigne fin, je vous jure que la fois d'après, je découvrirai encore quelque chose.
Gwenn s'est foutue de ma gueule. Elle dont la seule lecture est constituée des mag' que le salon reçoit, elle s'est moquée de moi. Elle m'a proposée de m'offrir "Oui Oui en vacances" pour Noël. Je me suis un peu énervé (c'étaient quelques jours après mon anniversaire, quand elle a vu que je lisais "le petit prince" au lit au lieu de regarder une connerie dans le genre "y'a que la vérité qui compte"), et du coup, je l'ai un peu traité de "pauvre conne". Bon, on s'est réconcilié depuis, mais je ne lis plus "le petit prince" à la maison. J'y ai mis une couverture qui cache le titre (pour pas être emmerdé par les questions), et je le lis quand je suis pas à la maison et que j'ai le temps. Et franchement, c'est fabuleux. Parce que y'a des trucs qui te semblent normaux, puis tu relis, et tu découvres qu'en fait y'a un truc que t'avais pas capté.
Tous les personnages qui peuplent les autres planètes... L'ivrogne, le comptable, le géographe, le roi... Le roi est un personnage extraordinaire. Il n'exige que des choses pour lesquelles il est sûr qu'il sera obéi. Du genre il exige du soleil qu'il se lève à l'heure où le soleil se lève. Ce roi est sur une toute petite planète, il n'a pas de sujet (juste un vieux rat), et propose au petit prince d'être ministre de la justice, et de condamner le rat à mort (mais de le grâcier tout de suite après, pour "l'économiser"...). J'arriverai pas à le formuler ni rien, mais je trouve ce passage énorme. Ce roi minable, mesquin, qui veut être sûr d'être obéi et qui s'adapte, ce roi qui n'a aucun pouvoir mais qui fait comme si, en exigeant que ce dont il est sûr que ça va se produire... Je sais pas s'il faut avoir pitié du roi ou s'il faut le condamner. Aucune idée...
Tout ça pour dire que je lis "le petit prince", et que ceux qui l'ont pas lu peuvent s'y mettre, y'a pleins de choses à découvrir.
Tim
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