Rome...
Aujourd’hui, si tout va bien, je suis à Rome. Et en fait, y’a même pas de raison pour que tout n’aille pas bien. Enfin, si, un peu, mais mardi j’aurais rendez-vous chez mon psy, ça va m’aider à voir un peu ce que je veux. Parce que je sais pas trop. Enfin, si, y’a surtout un truc : je veux faire de peine à personne. J’aimerais vivre dans un monde où tout le monde est heureux quoi qu’il arrive. Mais c’est pas trop possible. Ce qui me ferait chier, c’est surtout que je fasse de la peine à quelqu’un. Et quoi qu’il arrive, il y a quand même des grandes chances pour que j’en fasse.
Pour la Saint Valentin, Gwen était super contente. Mais vraiment. Je lui ai offert ça à table, et j’avais un petit paquet posé devant moi…
Mais dans l’après-midi, j’avais été chez Caroline. Son fils devait être dehors, ou chez un copain, ou chez son père, enfin bon, je l’ai pas vu. Je l’ai même jamais vu ! Bon, donc, chez Caroline, j’arrive avec un bouquet (ben oui, quand même), parce qu’il me semblait qu’un bouquet c’était pas un cadeau trop nul, mais que c’était pas non plus un truc trop engageant. Et je pensais avoir un cadeau de Caroline, un petit truc aussi. Perdu, j’ai eu une montre. Une montre… Franchement… Si y’a un cadeau qui est pas discret à porter, c’est bien une montre. Mais bon, j’ai rien dit, enfin, j’ai pas râlé quoi, puis on… je sais pas comment dire. " on a fais l’amour ", ça fait nunuche. " on a baisé ", ça fait trop. " on a couché ensemble ", ça fait livre, " on a eu une relation sexuelle ", ça fait médical, c’est horrible, on dirait une autopsie.
Enfin bon, c’est pas pour ça que je voulais le dire, c’est juste que j’ai lu tout à l’heure une citation qui disait que le meilleur moment dans l’amour, c’est quand on monte l’escalier. Bon. Ben moi, j’ai trouvé le pire moment. C’est quand t’enlèves la capote. C’est horrible. Déjà, t’as la queue qui pue le lubrifiant (et les doigts aussi). Puis tu enlèves le truc, t’y fais un nœud, et tu vas jeter la capote. Et ça… Autant tu peux être deux pour mettre un préservatif, autant quand tu l’enlèves, t’es seul. Comme un con. Parce que t’es à poil et que tu fais le trajet jusqu’à la poubelle de la cuisine pour y jeter la capote. Avec le machin plus ou moins raide. Ca casse le truc. A la limite, mettre la capote, on s’y habitue. Je veux dire, on peut ne pas perdre le rythme. Mais aller la jeter, c’est ce qu’il y a de pire. Ca casse tout. Et la laisser pour aller la jeter plus tard, je supporte pas. Voir ce résidu d’un truc qui était bien (oui, parce que en principe, c’est bien) traîner tristement… Beurk… Le mec qui arrivera à inventer un truc qui fera que la capote disparaîtra ou ira se jeter toute seule, faudra lui donner un prix Nobel.
Bon, mais je voulais parler de Saint Valentin, et je me retrouve à parler de capote et de débandaison. Après la montre de Caroline donc (que j’ai planqué dans mon sac à dos), le soir, j’ai eu une gourmette avec mon prénom de la part de Gwen. C’est vraiment un truc qui me fait plaisir. Puis la montre, je peux pas la porter tout le temps, parce que Gwen se demanderait d’où elle sort. Et la gourmette, j’aime bien. Ca fait… Je sais pas quoi. J’aime bien en fait.
Mon poignet, c’est un peu moi réduit au plus simple : il a deux cadeaux, mais je peux en porter qu’un à la fois, tout en sachant que j’aime les deux (parce que la montre est super jolie en plus).