Bonjour tristesse
Jeudi noir au boulot… Franchement. Même pas de l’angoisse, pas non plus de la peur, mais une tristesse immense. J’y peux rien, je suis triste. Même pas à pleurer. Non, triste jusqu’au fond de moi-même, sans que rien ne puisse y changer. Je regarde la chaîne qui m’amène les trucs à ranger, je range sur le chariot, et ça s’arrête après 8 heures de présence. Mais je me sens complètement vide. Ca vient probablement de mon problème de choix. Je sais pas quoi faire, je sais même pas ce que je veux.
En plus, y’a un truc dont j’ai peur ; j’ai peur d’être comme mon père. Qui se barre sans prévenir ni rien. En laissant l’autre complètement dans la merde. Parce que du coup, je veux bien reconnaître que je suis pas courageux ni rien, mais je voudrais pas trop souffrir, sans non plus passer pour un salaud. Auprès de Caroline ou de Gwen. Parce que je vais finir par en quitter une. Bon, à la limite, j’ai rien promis à Caroline. Enfin, presque rien…
Bon, ok, je dis la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, je le jure. En fait, j’ai dis à Caroline que j’allais quitter Gwen. Je sais même pas pourquoi je lui ai dit ça. Enfin, si, je sais…
Quand je suis avec Caroline, je suis heureux d’être avec elle. Heureux, peinard. Je suis juste un peu inquiet que Gwen apprenne quelque chose, parce que ça lui ferait de la peine. De la peine… En fait, ça la rendrait folle. Mais en même temps, quand je suis avec Caroline, j’ai une montre (oui, la montre que j’ai eu de sa part à la Saint Valentin).
Mais quand je suis avec Gwen, à part des papillons dans le ventre comme avant, comme d’habitude, des angoisses qui vont et qui viennent sans prévenir, sans que Gwen soit responsable de quoi que ce soit, je me sens bien aussi. Heureux d’être avec elle. Peinard.
Du coup, là, c’est un peu de stress, et des trucs pas rigolos à gérer. Mais j’ai quand même deux filles que j’aime. Alors que j’ai l’impression que si j’en quittais une, je perdrais une moitié de quelque chose que j’aime. De perdre un truc essentiel. Parce que je les aime toutes les deux. Bon, un mec m’aurait dit qu’il aime deux filles, je l’aurais pas cru. C’est un truc que tu peux pas croire si tu le vis pas. Parce que c’est possible. Et puis, une mère peut aimer deux enfants sans avoir à choisir non ? Bon, ok, il se trouve que la mienne avait choisi, que c’est moi qu’elle préférait (et qu’elle préfère toujours). Mais je suis sûr que y’a des mères qui aiment leurs enfants pareils, sans en préférer un non ?
Bon, j’aime deux filles, deux filles m’aiment, et je suis triste. Allez comprendre.