Des fois, je bois trop
Enfin, des fois, ça reste quand même rare... Depuis que j'ai rencontré Gwen, je bois moins. Puis plus seul. Oui parce qu'on boit une bonne bouteille de temps en temps avec sa grand-mère (qui a une putain de cave...). Bon, faut reconnaître que j'y connais rien en vin. Pour moi, le meilleur vin, c'est celui que j'aime. Je suis incapable de distinguer un bordeau d'un bourgogne (enfin si, quand je vois l'étiquette) et je ne saurais pas choisir une bouteille (si, en mettant plus de 8 euros, c'est ça mon critère, le prix).
Enfin, tout ça pour dire que j'aime l'alcool. En vin, mais aussi en whisky (j'adore le whisky, si j'avais pas été au chômage sans qualification (enfin, maintenant en intérim, mais toujours sans qualification), j'aurais pu faire testeur chez Chivas; et par contre, en whisky, je sais faire la différence entre deux marques différentes), en calvados, en cognac, bref, sous quasiment toutes ses formes (sauf le pastis, j'ai horreur de l'anis). Et je fais gaffe à ma consommation en fait. Bon, si on sort, on si on fait une bonne bouffe, pas de problème. Mais je me surveille. Pas commencer à picoler pour rien, pour finir complètement broque. On achète une bouteille de whisky par mois, jamais plus. Si je m'écoutais, je crois que je serais capable de descendre une bouteille tout seul par semaine. Minimum. Comme à une certaine époque...
Je vivais seul. J'ai la terreur des dimanches soirs, entre chien et loup, lorsque le week-end est irrémédiablement fini, mais que la semaine n'est pas encore commencée. A la limite, travailler de nuit et commencer le dimanche soir (comme lorsque je bossais à l'usine) me dérangeait moins que d'attendre le lundi matin. Bref, j'étais seul par des dimanches soirs gris (tous les dimanches soirs sont gris de toutes façons), je me servais des whisky dans un verre à sirop pour affronter l'angoisse. C'était pas du bon whisky, c'était le moins cher de Liddl, de toutes façon c'était pas fait pour être bon, c'était fait pour boire. Je noyais l'angoisse. Et je peux vous dire que l'angoisse était noyée tout le dimanche soir. Et le lundi matin, j'avais un putain de mal à la tête, à avoir enquillé seul les whiskys par un dimanche soir qui me faisait peur comme un monstre caché.
Et puis, il y a quelques temps, j'ai rencontré Gwen. Je ne bois plus les dimanches soirs. En tous cas, je ne bois plus pour ne plus avoir peur, je bois parce que je suis bien, je bois des doses normales qui me déchirent pas. Enfin, normalement. Si l'angoisse est là, j'ai un peu plus de mal à gérer, mais j'y parviens. Pour l'instant. Jusqu'au jour où je sombrerais. Et où je n'aurai plus que la bouteille pour me raccrocher. Le jour où je deviendrai alcoolique.
Comme quelques membres de ma famille. Qui sait ? Peu-être étaient-ils terrifiés eux-aussi, et peut-être n'avaient-ils, eux-aussi, trouvé que la bouteille pour accompagner leurs angoisses...
Tim
Enfin, tout ça pour dire que j'aime l'alcool. En vin, mais aussi en whisky (j'adore le whisky, si j'avais pas été au chômage sans qualification (enfin, maintenant en intérim, mais toujours sans qualification), j'aurais pu faire testeur chez Chivas; et par contre, en whisky, je sais faire la différence entre deux marques différentes), en calvados, en cognac, bref, sous quasiment toutes ses formes (sauf le pastis, j'ai horreur de l'anis). Et je fais gaffe à ma consommation en fait. Bon, si on sort, on si on fait une bonne bouffe, pas de problème. Mais je me surveille. Pas commencer à picoler pour rien, pour finir complètement broque. On achète une bouteille de whisky par mois, jamais plus. Si je m'écoutais, je crois que je serais capable de descendre une bouteille tout seul par semaine. Minimum. Comme à une certaine époque...
Je vivais seul. J'ai la terreur des dimanches soirs, entre chien et loup, lorsque le week-end est irrémédiablement fini, mais que la semaine n'est pas encore commencée. A la limite, travailler de nuit et commencer le dimanche soir (comme lorsque je bossais à l'usine) me dérangeait moins que d'attendre le lundi matin. Bref, j'étais seul par des dimanches soirs gris (tous les dimanches soirs sont gris de toutes façons), je me servais des whisky dans un verre à sirop pour affronter l'angoisse. C'était pas du bon whisky, c'était le moins cher de Liddl, de toutes façon c'était pas fait pour être bon, c'était fait pour boire. Je noyais l'angoisse. Et je peux vous dire que l'angoisse était noyée tout le dimanche soir. Et le lundi matin, j'avais un putain de mal à la tête, à avoir enquillé seul les whiskys par un dimanche soir qui me faisait peur comme un monstre caché.
Et puis, il y a quelques temps, j'ai rencontré Gwen. Je ne bois plus les dimanches soirs. En tous cas, je ne bois plus pour ne plus avoir peur, je bois parce que je suis bien, je bois des doses normales qui me déchirent pas. Enfin, normalement. Si l'angoisse est là, j'ai un peu plus de mal à gérer, mais j'y parviens. Pour l'instant. Jusqu'au jour où je sombrerais. Et où je n'aurai plus que la bouteille pour me raccrocher. Le jour où je deviendrai alcoolique.
Comme quelques membres de ma famille. Qui sait ? Peu-être étaient-ils terrifiés eux-aussi, et peut-être n'avaient-ils, eux-aussi, trouvé que la bouteille pour accompagner leurs angoisses...
Tim
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