Le chômage
Je suis au chômage depuis un mois. Exactement. Aujourd'hui, c'est un peu mon anniversaire de chômage. Oui, comme dirait la reine d'Angleterre, c'est une "anus horribilis". Tout se barre. Ma vie tombe en lambeaux. Je suis plus angoissé que jamais, et j'ai l'impression que ma psy actuelle ne m'est d'aucune aide. Mais alors aucune. Parce que me dire "oui, continuez" ou "qu'est-ce que ça vous évoque ?", je connais. J'ai fréquenté suffisamment de psys pour savoir comment fonctionne une séance. Et un psy qui ne sait que dire "oui, continuez" et "qu'est-ce que ça vous évoque ?", ça ne sert à rien. Je pourrais faire ma séance tout seul devant mon ficus. Et ça me coûterait pas 55 €.
Bon, toujours est-il que je n'ai pas de boulot. Comment vit-on quand on est sans travail ? On ne vit pas. L'angoisse du futur, ne pas savoir ce que l'on va faire après, retrouver un boulot, ok, mais pour quoi faire ? Payer le loyer ? Oui. La bouffe ? Aussi. Mais vivre, bordel, c'est quand qu'on vit ? Pour le moment, Jeanine, la grand-mère de Gwen, nous aide pas mal. Heureusement qu'elle est là. Vraiment. Mais pour l'instant, j'ai pas de boulot.
Je me lève le matin à 8h15 - 8h30. Parce que je ne peux pas me lever plus tard. Si je me lève plus tard, ma journée est horrible, je suis angoissé à un point que vous n'imaginez même pas. Juste parce que je me lève plus tard. D'après ma psy, ça vient de mon enfance, lorsque mon père me disait qu'après 9 heures, "c'est les fénéants qui dorment encore". Et oui. Si j'avais pensé que cette phrase répétée et ressacée me poursuivrait encore... Donc, je me lève à 8 heures 30 maxi. Je bois mon café, je ne me rase pas (pour quoi faire ?), je viens faire un tour sur internet, je fais un brin de ménage en enquillant les cafés (j'adore le café). Quelquefois, je vais faire un tour à l'ANPE, quelquefois pas. J'ai mes ASSEDIC qui tombent, mais c'est pas une vie.
Tim, 23 ans, au chômage.
Voilà, tout est dit. Cette phrase, c'est moi. C'est ma vie. Cette après-midi, je vais aller m'inscrire dans une agence d'intérim. Au moins eux pourront-ils me proposer un boulot. Pas un travail, non, ce serait trop beau. Simplement un boulot. Un truc à l'usine ou une connerie comme ça. Attention: je ne dis pas que bosser à l'usine est une connerie, j'ai passé de très bons moments en usine (oui, j'ai déjà bossé à la chaîne), mais là non plus, c'est pas une vie. Quand tu rentres fracassé par un travail répétitif et que le bruit des machines pendant 8 heures t'obliges à foutre ta radio très fort dans la bagnole pour compenser le vide, c'est pas ce que j'appelle une vie. Mais j'irai. S'il y a du boulot à l'usine, j'irai.
Et puis, peut-être qu'un jour, j'aurai un vrai travail. Lorsqu'on me demandera ce que je fais dans la vie, au lieu de répondre "intérimaire" ou "O.S. mais c'est provisoire" ou bien "je suis au chômage", je ferai comme les autres, j'annoncerai fièrement que j'ai un vrai boulot, un de ceux qu'on envie. Et Gwen sera fière de moi. Et on pourra vivre.
Tim
Bon, toujours est-il que je n'ai pas de boulot. Comment vit-on quand on est sans travail ? On ne vit pas. L'angoisse du futur, ne pas savoir ce que l'on va faire après, retrouver un boulot, ok, mais pour quoi faire ? Payer le loyer ? Oui. La bouffe ? Aussi. Mais vivre, bordel, c'est quand qu'on vit ? Pour le moment, Jeanine, la grand-mère de Gwen, nous aide pas mal. Heureusement qu'elle est là. Vraiment. Mais pour l'instant, j'ai pas de boulot.
Je me lève le matin à 8h15 - 8h30. Parce que je ne peux pas me lever plus tard. Si je me lève plus tard, ma journée est horrible, je suis angoissé à un point que vous n'imaginez même pas. Juste parce que je me lève plus tard. D'après ma psy, ça vient de mon enfance, lorsque mon père me disait qu'après 9 heures, "c'est les fénéants qui dorment encore". Et oui. Si j'avais pensé que cette phrase répétée et ressacée me poursuivrait encore... Donc, je me lève à 8 heures 30 maxi. Je bois mon café, je ne me rase pas (pour quoi faire ?), je viens faire un tour sur internet, je fais un brin de ménage en enquillant les cafés (j'adore le café). Quelquefois, je vais faire un tour à l'ANPE, quelquefois pas. J'ai mes ASSEDIC qui tombent, mais c'est pas une vie.
Tim, 23 ans, au chômage.
Voilà, tout est dit. Cette phrase, c'est moi. C'est ma vie. Cette après-midi, je vais aller m'inscrire dans une agence d'intérim. Au moins eux pourront-ils me proposer un boulot. Pas un travail, non, ce serait trop beau. Simplement un boulot. Un truc à l'usine ou une connerie comme ça. Attention: je ne dis pas que bosser à l'usine est une connerie, j'ai passé de très bons moments en usine (oui, j'ai déjà bossé à la chaîne), mais là non plus, c'est pas une vie. Quand tu rentres fracassé par un travail répétitif et que le bruit des machines pendant 8 heures t'obliges à foutre ta radio très fort dans la bagnole pour compenser le vide, c'est pas ce que j'appelle une vie. Mais j'irai. S'il y a du boulot à l'usine, j'irai.
Et puis, peut-être qu'un jour, j'aurai un vrai travail. Lorsqu'on me demandera ce que je fais dans la vie, au lieu de répondre "intérimaire" ou "O.S. mais c'est provisoire" ou bien "je suis au chômage", je ferai comme les autres, j'annoncerai fièrement que j'ai un vrai boulot, un de ceux qu'on envie. Et Gwen sera fière de moi. Et on pourra vivre.
Tim
Publicité