Prozac, mon amour

Publié le par Tim

J'adore les gens qui disent qu'aller voir un psy ne sert à rien (bon, ok, ma psy semblait effectivement ne servir à rien. Mais j'ai changé, je suis retourné voir mon psy), qu'il faut se donner un bon coup de pied au cul et se bouger, que la dépression est uniquement un truc qu'on s'imagine, que les angoisses y'a qu'à les combattre, et que les cauchemars, et ben, avant de s'endormir, y'a qu'à penser aux fleurs des champs. J'adore ces gens là, et je crois que je les adorerai encore plus lorsque, cloués au lit par une bonne grippe (une vraie, pas un petit refroidissement ou un rhume, non, la grippe avec 40 de fièvre que tu crois en crevé), j'irai les voir pour les abreuver de bon conseils, leur dire que ça ne sert à rien d'aller voir un médecin, qu'il faut juste qu'ils se donnent un bon coup de pied au cul et qu'ils se bougent un peu. Ce jour-là, peut-être comprendront-ils.

J'ai déjà pris du Prozac (je sais toujours pas faire le petit R avec un rond autour). Je n'en prends plus actuellement. Ce médicament est génial. Un miracle. Tu te lèves, tu vas mal, tu te sens mal (mais vraiment mal), tu prends ta pilule, et hop, une demi-heure après, tu es en pleine forme (mais vraiment en pleine forme), tu discutes avec les autres (en fait, tu les soûles tellement t'es en forme), tu fais des trucs que tu ferais pas sinon, t'es courageux et tout et tout. Tu es bien. Bon, en contrepartie, tu bandes moins (on peut pas tout avoir, le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière, ici il se trouve que t'as déjà le beurre et l'argent du beurre), mais ça veut pas dire que tu bandes pas du tout. Simplement, t'as des pannes, ou alors t'as même pas envie. Bien sûr, dès que tu bois un verre d'alcool, tu te prends pour James Bond, tu gerbes au deuxième verre et t'effondres au troisième, bien sûr tout t'es égal (oui, parce que le Prozac est un régulateur d'humeur. Donc tu te fous de tout, puisque tout est régulé), évidemment t'as quelquefois le regard perdu dans le vague. Mais je vous jure que tout ça, c'est rien par rapport aux avantages du Prozac.

Parce qu'avec le Prozac, t'as pas envie de rester dans l'angle d'une pière, les mains repliées sur tes genoux, avec un ours en peluche dans les bras pour faire comme quand t'étais petit et que tu étais triste. T'as pas besoin d'aller t'acheter une boîte à musique comme quand t'étais petit et que y'avait quelqu'un pour te protéger. T'as même pas besoin d'aller acheter un panda en peluche (la réplique exacte de celui que t'as perdu quand t'avais 6 ans) pour faire comme si tout était encore possible, comme s'il t'étais possible de recommencer, et de pas vivre avec des peurs, tes angoisses, tes terreurs.

Avec le Prozac, t'es fort. T'es un adulte dans un corps d'adulte. T'es plus ce gamin terrorisé emprisonné dans un corps trop grand pour lui, trop mal adapté, trop mal coupé. Le Prozac fait grandir l'enfant. Le Prozac, c'est une hormone de croissance pour le gamin que t'as à l'intérieur.

Puis un jour, t'arrêtes le Prozac parce que tu te sens mieux (j'ai toujours arrêté du jour au lendemain, j'ai la chance de ne pas m'y être acoutumé), ta vie semble rouler comme sur des rails, t'as même pas peur tous les matins en te levant, même pas mal... Mais tu sais qu'un jour tu recommenceras, parce que la douleur sera trop forte. Et que ce jour-là, des gens de bons conseils viendront te dire de te bouger le cul...

Tim
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Publié dans Des psys et des hommes

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C
on voyage de blog en blog (fleurdesel étant la base) et puis je voyage dans ton blog , je tombe sur cet article<br /> très bien ficellé, très bien écrit, surprenant...bref je reviendrai
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C
Alors, une petite question me vient à l'esprit, est-ce justement ce facteur de fierté qui sauve ? Dans mon cas, très certainement. Mais sans l'amour des autres, ma fierté ne me sert à rien. Elle me sert juste de moteur après le passage d'une personne aimante et sincère. Avec ça, on peut tout faire. Même vivre avec un entourage qui compte tout le temps sur toi. Parce que tu sais dans ton coeur qu'une personne est toujours là pour toi. Celle qui t'aime sincèrement. Je sais ça peut paraître naif. Je suis une grande naive dès qu'il est question d'amour. Voilà, je ne sais pas si mes réflexions peuvent t'aider d'une façon ou d'une autre, mais j'avais envie de te les donner. :o)
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T
Ben j'admire ta force de caractère. Bravo
C
Je reviens à retardement sur cet article. Et, je vais encore te parler de mon expérience personnelle. Toutes les fois où j'étais au fond du gouffre, la seule chose qui me restait, c'était ma fierté personnelle devant les autres. Dans ces cas là, j'agis toujours de la même façon : je me terre. J'évite les gens. Je me recroqueville. Je me ratatine. Parfois, bien obligé de sortir quand même. Et là, devant les autres, c'est le grand sourire. Moi ? Mais tout va bien. Alors que je n'aspirais qu'à une seule chose, m'endormir pour ne plus jamais me réveiller. Tu me disais que le psy était remboursé par la sécu. Mais tu oublies le facteur fierté devant les autres, il est très ancré au plus profond de moi. Donc, ne jamais rien demander à personne, ça aussi, dans l'éducation que j'ai reçu, c'est un signe de faiblesse... Les aides que j'ai pu avoir dans ma vie, ce sont des gens qui se sont spontanément proposés, car ils se rendaient compte de la situation, c'est tout. Je ne demande jamais rien. Des aides financières j'en ai demandées, aux moments où j'allais bien mais où ma situation financière allait mal et que j'étais prête à me battre pour ça. Mais quand on espère que le vide, le néant, on appelle pas à l'aide, on se laisse sombrer, on se fout de la sécu et du reste. Et on ne demande rien à personne, surtout pas un délai pour se faire rembourser avant que le psy encaisse... Une fois j'ai crié au secours à un homme. Il m'a répondu, d'une certaine façon. C'est toujours le même. Celui-là, je l'aime, alors je fais des efforts pas possible pour surnager et qu'il m'aime un peu. Enfin, je crois qu'il m'aime un peu, même s'il me répond toujours d'une façon détournée...Sans prozac, donc et sans psy.
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T
Mais avec un énorme caractère ! Qui a l'air de pouvoir sauver bien des choses
T
J'ai déjà était gervement malade, bien plus que le depression crois moi. Mais les signes du maladie grave ne sont pas celle d'un rhume. Je sais quand quelque chose ne va pas. Ca m'est arrivé une fois. Question maladie je crois avoir vécu le plus gros.
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T
Ben je sais pas trop quoi dire... J'espère que tu t'en es définitivement sortie...
P
 lol mdr oui, j'ai été sous prozac aussi et j'ai ressenti les même choses que toi, surtout cette euphorie qui te rend hyper actif, qui te transforme en moulin à paroles et qui te fait dire des trucs gentils même à des gens que tu détestes! lol <br /> du coups, j'ai arrêté d'en prendre, car je préférais m'en sortir par moi même, sans béquille... mais tu sais quoi, c'est vraiment en se bougeant le cul qu'on s'en sort... on aime pas l'entrendre, mais c'est pourtant vrai. la guérison n'arrive pas sur un plateau d'argent. je te parle par expérience et après avoir traversé deux TS.<br /> Bisous doux! ;)
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T
La guérison n'arrive pas sur un plateau d'argent, OK, mais quand tu as vraiment besoin de médocs en plus de te bouger le cul....