L'adoption
Ma soeur et moi, on a dû être adopté. C'est pas possible autrement. Je rappelle à ceux qui auraient loupé l'épisode (oui, parce que des fois, ma vie ressemble étrangement à une série télé à la con) précédent, que voilà 2 mois, mon père s'est barré de chez la femme avec qui il vivait depuis 10 ans, n'ayant de regret que pour le teckel qu'ils avaient élevé ensemble (et oui...) pour aller vivre sa vie de jeune homme avec une femme de 32 ans, pendant que ma mère vivait avec un type de 28 ans (et après, on se demande pourquoi j'ai de terrifiantes angoisses... Non je déconne, le problème est plus compliqué - pour les angoisses hein, parce que pour mes parents, c'est suffisamment compliqué comme ça).
Donc, mes parents ont dû nous acheter, dans je ne sais quel pays de l'est, ou je ne sais quelle famille française pauvre et sans argent. Aussi bien, c'est pour ça que toutes les années, on allait en vacances dans le même camping sur la côte atlantique, à proximité de la dune du Pilat. Parce que notre famille biologique devait se trouver là. Nos parents voulaient qu'on ne perde pas nos racines, alors ils nous montraient comment c'était là bas.
Bon je plaisante, mais je vous jure que quelquefois, j'en ai marre. J'aimerais seulement resté couché, avec Gwen à mes côtés, attendre que le temps passe et que les problèmes se résolvent d'eux-mêmes. Attendre que quelqu'un s'occupe de moi, qu'une personne sur terre s'inquiète de savoir comment je vais, sans que je la paie pour ça et sans qu'elle soit la grand-mère de ma copine. Juste quelqu'un qui s'approcherait de moi, qui me prendrait dans ses bras, et qui me dirait "Alors Tim, comment vas-tu ?", simplement.
Et moi, je m'assierais, et je lui raconterai combien je vais mal. Combien j'ai des angoisses sans savoir d'où elles viennent, combien j'ai parfois envie de hurler, ou de tout casser, ou de me casser, au propre comme au figuré. Lui dire que je suis content qu'il soit là, à côté de moi, à m'écouter sans attendre un chèque de 55 € en retour. Lui dire que j'adore la machine de Boris Vian dans l'herbe rouge, lui dire que j'adore le Momo de Romain Gary dans La vie devant soi, lui dire que j'adore la majorité des poèmes de Baudelaire dans Les fleurs du mal (sauf tous ceux qui parlent des chats, que je trouve stupides - et les chats, et les poèmes qu'en fait Baudelaire), lui dire que quelquefois, c'est moi qui dis sois sage ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille - tu réclamais le soir, il descend, le voici - Une atmosphère obscure enveloppe la ville - aux uns portant la paix, aux autres le souci, lui dire qu'un jour je risque de lâcher la rampe, et que je finirai soit clochard, soit interné en psychiatrie, lui dire que la seule chose dont j'aurais besoin actuellement, c'est une épaule sur laquelle me reposer.
Mais ce quelqu'un n'existe pas, il n'est pas là, et quand je sors de ces périodes de tristesse, je suis content d'avoir Gwen à côté de moi. Même si elle a des épaules tellement fragiles qu'un moineau les casserait...
Et puis, à elle, je peux parler de ma famille. Elle dit qu'on s'est bien trouvé, qu'avec sa mère schyzophrène et mes parents à la ramasse, on est fait pour être ensemble.
Elle a raison.
Donc, mes parents ont dû nous acheter, dans je ne sais quel pays de l'est, ou je ne sais quelle famille française pauvre et sans argent. Aussi bien, c'est pour ça que toutes les années, on allait en vacances dans le même camping sur la côte atlantique, à proximité de la dune du Pilat. Parce que notre famille biologique devait se trouver là. Nos parents voulaient qu'on ne perde pas nos racines, alors ils nous montraient comment c'était là bas.
Bon je plaisante, mais je vous jure que quelquefois, j'en ai marre. J'aimerais seulement resté couché, avec Gwen à mes côtés, attendre que le temps passe et que les problèmes se résolvent d'eux-mêmes. Attendre que quelqu'un s'occupe de moi, qu'une personne sur terre s'inquiète de savoir comment je vais, sans que je la paie pour ça et sans qu'elle soit la grand-mère de ma copine. Juste quelqu'un qui s'approcherait de moi, qui me prendrait dans ses bras, et qui me dirait "Alors Tim, comment vas-tu ?", simplement.
Et moi, je m'assierais, et je lui raconterai combien je vais mal. Combien j'ai des angoisses sans savoir d'où elles viennent, combien j'ai parfois envie de hurler, ou de tout casser, ou de me casser, au propre comme au figuré. Lui dire que je suis content qu'il soit là, à côté de moi, à m'écouter sans attendre un chèque de 55 € en retour. Lui dire que j'adore la machine de Boris Vian dans l'herbe rouge, lui dire que j'adore le Momo de Romain Gary dans La vie devant soi, lui dire que j'adore la majorité des poèmes de Baudelaire dans Les fleurs du mal (sauf tous ceux qui parlent des chats, que je trouve stupides - et les chats, et les poèmes qu'en fait Baudelaire), lui dire que quelquefois, c'est moi qui dis sois sage ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille - tu réclamais le soir, il descend, le voici - Une atmosphère obscure enveloppe la ville - aux uns portant la paix, aux autres le souci, lui dire qu'un jour je risque de lâcher la rampe, et que je finirai soit clochard, soit interné en psychiatrie, lui dire que la seule chose dont j'aurais besoin actuellement, c'est une épaule sur laquelle me reposer.
Mais ce quelqu'un n'existe pas, il n'est pas là, et quand je sors de ces périodes de tristesse, je suis content d'avoir Gwen à côté de moi. Même si elle a des épaules tellement fragiles qu'un moineau les casserait...
Et puis, à elle, je peux parler de ma famille. Elle dit qu'on s'est bien trouvé, qu'avec sa mère schyzophrène et mes parents à la ramasse, on est fait pour être ensemble.
Elle a raison.
Tim
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