Je travaille !
Donc voilà, j’ai un boulot ! Bon, je suis intérimaire, c’est à dire que j’ai été embauché pour 3 jours (aujourd’hui, c’est mon dernier jour d’ailleurs), mais franchement, qu’est-ce que c’est bon de se lever le matin pour aller travailler ! Je suis déménageur (enfin, j’ai été déménageur pendant deux jours, et aujourd’hui, normalement, on devrait nettoyer l’entrepôt, le camion, vérifier que tout est en bon état et tout). Les trois autres sont sympas, ils me prennent pas trop pour une merde, même si je suis que intérimaire.
Mercredi matin, je me suis levé pour prendre le car (oui, je vais bosser en car), et vous allez me trouver ridicule, mais j’étais trop fier de moi : quand j’ai acheté mon ticket au chauffeur, je l’ai regardé en lui disant " et oui, faut bien aller travailler " avec un regard entendu, l’air de dire " ça me gonfle " alors que ça me gonflait pas du tout (bon, un peu plus d’un mois à la maison, ça fait un peu long quand même), puis quand un type qui avait l’air de pas avoir dormi depuis 2 mois est monté a l’arrêt d’après, j’ai pas pu m’empêcher de lui glisser " c’est dur, hein ? " alors que pour moi, c’était plus facile de me lever pour aller au boulot (aller au travail, aller bosser) que de passer une journée avec des papillons dans le ventre, avec des gens qui vous regardent de travers parce que vous faites vos courses à 14 heures (ou alors, c’est moi qui pensait qu’ils me regardaient de travers, parce qu’en fait, tout le monde s’en fout je pense, non ?), bref, les deux mots magique : aller bosser. Je suis allé bossé.
Mercredi matin, j’avais l’impression de pas avoir bossé depuis des années, j’étais un peu inquiet en me rasant, mais ça allait.
Puis arrivé à l’entreprise, je me suis présenté à un énorme type (plus large que haut) qui s’appelle Fabrice et qui est le chef d’équipe. Il m’a payé un café… Oui, alors là, c’est pas super glorieux l’épisode du café…
Donc, j’avais mon café à la main, on était tous les quatre, en fait, non, on était trois et on attendais le quatrième, Jérôme. Et là, j’avais ma clope dans la main, j’ai fais un mouvement, et j’ai renversé mon café… Sur mon pantalon… Bon, alors en même temps, c’était un pantalon marron. Mais quand même… J’avais une tâche au niveau de la queue et un peu sur les cuisses. Les deux autres ont été sympa, ils ont trop rien dit, mais j’étais vraiment gêné !
Je suis allé aux chiottes pour me passer de l’eau, et je vous jure, j’en aurais chialé. Etre aussi maladroit dans un moment un peu important quand même (ok, c’est pas le boulot de ma vie, mais merde, c’est un boulot !), je m’en suis vraiment voulu.
Le Jérôme est arrivé, et il a tout de suite vu ma tâche… Il a fait aux deux autres : " faudra dire au patron qu’on veut des types qui se pissent pas dessus "… Ce con m’avait même pas encore dit bonjour… Comme je l’ai détesté ! Bon, je l’ai tout de suite catalogué dans la catégorie des gens que j’aime pas, il en sortira probablement pas, parce que franchement, c’est pas très sympa de faire ça. A la limite, à un mec que tu connais, tu peux le dire, mais à un intérim… Je sais pas, moi, si j’avais un vrai boulot avec des mecs qui viennent bosser de temps en temps, je les casserais pas à leur arrivée. J’attendrais un peu avant de dire des conneries. Parce que là, ça refroidit. Mais bon, le pantalon a séché (j’avais une espèce d’auréole mais c’était pas monstrueux non plus), j’ai eu mal aux pieds à cause des putains de chaussures de sécurité que la boîte d’intérim m’avait obligé à porter (j’ai arrêté de les mettre le lendemain), puis aujourd’hui, je fais mon dernier jour.
Les autres ont l’air content de moi (bon, Jérôme, je sais pas trop, mais en fait, c’est peut-être pas un enfoiré, je sais pas), je sais pas si je vais revenir, mais putain, qu’est-ce que ça m’a fait du bien de bosser !