Gwen tout court
La dernière fois, je parlais du rapport à la télé de Gwen, ma copine. Ma meuf, ma femme, ma gonzesse celle que j'suis avec (oui, je connais Renaud, enfin, celui qui buvait et qui écrivait des trucs forts, pas le Renaud aseptisé de maintenant aussi caustique qu'un verre d'eau minérale). Une fille sympa et aimante (et une sacrée... non rien).
Gwen a été élevée par sa grand-mère. Elle n'a pas connu son père (et je sais même pas si sa mère l'a connu) et sa mère fait des allers-retours entre l'hôpital de jour et son appartement (à elle, pas à Gwendoline hein, faut pas déconner, je la supporte déjà pas quand je la vois la Mireille, alors si en plus faut la prendre en pension, je vous raconte pas le bordel). Elle est schizophrène.
Bon, alors a priori, vous vous dites que j'ai quand même pas de chance, je vis avec une fille qui ferait passer la coiffeuse que joue Muriel Robin pour un pâle ersatz de représentante de cette profession, une fille dont la mère est à moitié folle et le père complètement parti. Ajouter à ça que je suis un peu angoissé, et vous devez vous penser (tiens, voilà une des expressions de Jeannine, la grand-mère de Gwen "je me suis pensé") que je suis un personnage de Zola (oui bon, faut pas pousser non plus). Non, en fait, avec Gwen, quand je vais bien, je suis bien. Heureux.
Détendu. Paisible, à la fraîche, décontracté du gland…
On s'entend bien, enfin, normalement bien, on fait des trucs qu'on aime faire, et surtout, on s'emmerde pas. Si y'a un endroit où on est invité, par exemple, et qu'on a pas envie d'y aller, on n'y va pas. Un peu comme dans la chanson de Benabar, on trouve une excuse à la con, et on reste à la maison à bouffer des pizzas et à regarder un film con à la télé. Simple.
Donc, Gwen a été élevée par sa grand-mère, à qui on rend visite régulièrement. Parce que c'est une femme sympa. Mais autant Gwen est une caricature de coiffeuse, autant sa grand-mère est une caricature de grand-mère. Une petite dame aux cheveux blancs, coiffée avec un chignon tout simple et vêtue le plus souvent d'une blouse bleue à petites fleurs blanches. Elle se démerde très bien toute seule, et nous reçoit avec plaisir, de préférence le dimanche. Si on a besoin d'un truc, elle est là. Bon, vaut mieux pas l'appeler le matin à 9h15, parce qu'elle suit avec une assiduité jamais démentie "Amour, gloire et beauté". Mais elle en rigole. Quand elle nous raconte les mésaventures de Ridge ou de Clarck, elle nous dit que c'est un feuilleton à la con, mais qu'elle aime bien le suivre. Oui, elle dit "à la con". Elle a pas la langue dans la poche. Mais le coeur sur la main. Et une sacrée cuisinière en plus.
Bref, ça fait trois mois que je vis avec une fille prénommée Gwendoline (mais que j'appelle Gwen), qu'on rend visite à sa grand-mère qui s'appelle Jeannine (et qui est une femme épatante), et que je suis heureux lorsque je n'ai pas de papillons dans le ventre. Et quand j'en ai et qu'elle est là, je fais semblant d'être heureux.
Tim